Lettre ouverte au Président du CSA pour la liberté d’expression

CSARéférence : Décision du 25 juillet 2014, message de sensibilisation sur la trisomie 21, intervention du CSA auprès des chaînes M6 et de Canal+.

Monsieur le Président,

 

Votre censure préventive d’une prochaine diffusion sur nos chaînes de télévision, par les amis d’Eléonore, de spots visant à sensibiliser sur la trisomie 21 me révolte. En effet, comme Président du Conseil Supérieur de  l’Audiovisuel, vous devriez être du côté de la liberté d’expression telle qu’elle est garantie par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, que je me permets de vous rappeler ici :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Dans la mesure où le spot Chère future Maman ne comportait rien de choquant, il n’y avait aucune raison juridique et morale valable que vous rappeliez à l’ordre les chaînes M6 et Canal+  par votre lettre du 25 juillet dernier. D’autant plus que cette vidéo a été très appréciée (5 millions de vue sur Youtube), y compris de certains médias, comme par exemple Métro, relatant « une campagne simple et émouvante ». Sans oublier qu’elle a été diffusée dans l’enceinte de l’ONU, saluée par le Premier ministre italien Matteo Renzi,  primée à Cannes au Festival international de la créativité…

Ce n’est pas seulement la plainte de plaignants que vous mentionnez sans en donner les noms (le Planning familial ? – nous aimerions bien savoir), qui vous a poussé à réagir ainsi. C’est le sujet lui-même du spot, la trisomie 21, et en filigrane cette question de société en rapport direct avec cette maladie, j’ai nommé l’avortement. Car ces petits malades sont souvent les victimes innocentes… Ainsi vous jugez que Chère future Maman est un spot d’associations « dont la vocation est notamment la lutte contre l’avortement ». Et l’on cria haro sur le baudet ! Comme le ferait toute idéologie portée par une dictature de la pensée.

Le fait même que ce spot ait été diffusé à titre gracieux au milieu de plages publicitaires semble également vous déranger. Vous citez pour cela l’article 14 du décret du 27 mars 1992 définissant les obligations des éditeurs de services en matière de publicité, de parrainage et de télé-achat, qui stipule :

« Les messages publicitaires ou les séquences de messages publicitaires doivent être aisément identifiables comme tels et nettement séparés du reste du programme, avant comme après leur diffusion, par des écrans reconnaissables à leurs caractéristiques optiques et acoustiques ».

Mais justement, la pause publicité n’a-t-elle pas clairement été signifiée aux téléspectateurs par les chaînes ? Alors, quoi, le volume sonore n’était pas assez élevé ? La réalisation passez bonne ?

Ensuite, vous écrivez : que ce spot ne peut être regardé… (sic! il ne peut peut-être pas être regardé du tout, sans doute ?) « comme un message d’intérêt général, au sens de l’article 14 de ce même décret, puisqu’en s’adressant à une future mère, sa finalité peut paraître ambigüe et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle ».

Le but de l’association italienne Coordown, qui héberge cette vidéo sur Internet, est précisément l’insertion dans la société de personnes atteintes de trisomie 21 : n’est-ce pas d’intérêt général ?

Cela signifie-t-il aussi, pour le CSA, que tout spot qui n’est pas d’intérêt général – ou qui ne provoque pas d’adhésion « spontanée » et « consensuelle » - ne doit pas passer à la télévision ? Mais alors, Monsieur le Président, vous avez beaucoup de travail et nous attendons des milliers d’autres rappels à l’ordre de votre part dans les semaines qui viennent !

Bref, Monsieur le Président, sans être juriste, il est facile de démontrer que vos arguments tombent largement à l’eau… Soyons sérieux. N’est-ce pas plutôt que cette campagne de sensibilisation ne va pas dans le sens de l’opinion dominante ? Et de ce que souhaite votre haute autorité, qui semble ainsi ne surtout pas vouloir que les télespectateurs/consommateurs puissent réfléchir par eux-mêmes ?

Comme simple citoyen, je voudrais vous rappeler la loi-référence sur l’audiovisuel et la liberté de communication du 30 septembre 1986, qui stipule, en son article 1er :

« La communication au public par voie électronique est libre. L’exercice de cette liberté ne peut être limité que dans la mesure requise, d’une part, par le respect de la dignité de la personne humaine, de la liberté et de la propriété d’autrui, du caractère pluraliste de l’expression des courants de pensée et d’opinion et, d’autre part, par la protection de l’enfance et de l’adolescence (…) ainsi que par la nécessité, pour les services audiovisuels, de développer la production audiovisuelle. »

Monsieur le Président, ce spot, justement, vise « le respect de la dignité de la personne humaine », en particulier la personne atteinte de trisomie 21. Il permet « l’expression d’un courant de pensée autre que l’opinion dominante ». (Laquelle interdit tout débat sur l’avortement). Il protège l’enfance. Il aide même la production audiovisuelle de petites structures indépendantes ! Alors, pourquoi interdire ce type de spots ?

Par votre décision, le pluralisme que le CSA est sensé favoriser, de part sa mission, devient un argument publicitaire pour votre organisation étatique  : votre rôle n’est plus qu’être un régulateur financier visant à conserver les conditions d’une juste concurrence entre les grands opérateurs de l’audiovisuel.On le voit bien avec la polémique sur votre refus d’accorder un canal gratuit à LCI (TF1) et Paris Première (M6), au motif que « l’arrivée d’une troisième chaîne gratuite d’information en continu financée exclusivement par la publicité pourrait déstabiliser (financièrement) les deux chaînes d’information déjà existantes », précisant même que le public de ces dernières est « significativement masculin et âgé, avec une proportion de femmes responsables des achats faible et un taux de catégories socio-professionnelles supérieures (CSP+) qui a fortement chuté depuis 2012 ».

En servant uniquement les intérêts d’un système financier à bout de souffle, votre mission perd toute dimension démocratique.

Aux candidats de 2017, je demanderai donc – avec d’autres j’en suis sûr ! – que les citoyens que nous sommes puissent saisir démocratiquement votre institution en cas de litige. Pour l’intérêt général et, j’ose dire aussi, pour le bien commun.

Bien cordialement,
Jean-Baptiste Maillard

(Auteur en 2005 d’une pétition ayant rassemblé plus de 150.000 signatures et visant à l’obtention d’un canal gratuit pour une chaîne catholique sur la TNT, avec l’annulation d’une décision du CSA contre la chaîne KTO par le Conseil d’Etat.)

A votre tour, écrivez au Président du CSA : Monsieur Olivier Schrameck, Conseil supérieur de l’audiovisuel, Tour Mirabeau,  39-43, quai André­‐Citroën, 75739 Paris Cedex 15. Contact par e-mail.

 

Lettre ouverte à mon oncle Conseiller d’Etat

Conseil d'Etat - Vincent Lambert

Mon cher oncle,

Tu as toujours été pour moi comme la figure d’un sage que l’on peut venir consulter. Celui, qui, la parole claire et le ton posé, inspire le sérieux, la prudence, la tempérance et la justice. Je me souviens de quelques discussions entre toi et mon père, à l’Ile-de-Ré, dans le salon de ma grand-mère aux vieux meubles de bois ciré et la grande pendule que remontait chaque jour mon grand-père… C’était pacifique. Le temps a filé depuis, mes grands-parents ne sont plus de ce monde, et toi aussi, tu as filé. A l’anglaise ? Je m’interroge.

Je t’avais interrogé, il y a huit ans déjà, sur une affaire que j’avais portée sur les fonds baptismaux du Conseil d’Etat, qui fit un peu de bruit et pour laquelle le journal La Croix salua « une victoire morale ». Mais tu n’avais rien voulu m’en dire. Cette fois-ci, je t’ai demandé ce que tu pensais de l’affaire Vincent Lambert, et tu m’as répondu, d’un air détaché et satisfait à la fois, dans ton fauteuil club : « Je n’ai pas de commentaires à ajouter à ceux de Jean Marc Sauvé. »

Notons que pour Jean Marc Sauvé, il s’agit d’eau et d’alimentation « artificielle ». Où est donc passé le bon sens de ce chrétien de gauche qui se levait en pleine sermon pour interpeller le curé ? Et qui passa même une année chez les Jésuites, dans l’optique de donner sa vie au Christ, avant de repasser l’ENA ? Comment peut-il donner foi à une soit-disante demande simplement orale du patient, de l’aveu même du Conseil d’Etat : « qu’à supposer qu’il ait exprimé oralement, en présence de certains membres de sa famille, son souhait de ne pas être maintenu en vie dans un état de grande dépendance » ? Qu’a-t-il fait du droit inaliénable de tout être humain d’avoir eau et nourriture, pour lequel se battent de nombreuses ONG à travers le monde ?

Comment peut-il conclure sa déclaration à la presse « le Conseil d’Etat a pu, sans commettre d’illégalité, et aussi douloureuse
que soit cette décision, estimer que la poursuite des traitements traduisait une obstination déraisonnable » ? Si la vie est devenue en elle-même une obstination déraisonnable, pourquoi vit-on ? Quel est le sens de la vie humaine ? Et cette « douleur » dans votre décision, n’est-ce pas la petite voix qui résonne en vous pour vous dire que si la paix n’est pas au rendez-vous, c’est peut-être que votre discernement a été altéré ?

C’est un peu court…

Mon cher oncle, comme je t’ai répondu, je trouve un peu courte les explications de ton ami vice-président du Conseil d’Etat. Et je ne peux me taire devant un jugement si glacial, si grave pour notre pays. Car oui, hier, la France a bel et bien rétabli la peine de mort. (Au passage, merci du cadeau : c’était la fête de mon saint patron qui fut, faut-il le rappeler, décapité !). Funeste jour, donc, où la République a rétabli la guillotine ! Et mon propre oncle n’y voit rien à redire ?

Tu connais les juges du Conseil d’Etat par leur prénom : que peux-tu nous dire, en vérité, de cette terrible décision ? Quelles recommandations avez-vous reçu d’en haut d’un pouvoir aux abois qui ne veut plus affronter la rue ?

Il n’y a plus de roi à qui trancher la tête, mais il reste bien quelques malades, ici ou là, qui feront bien l’affaire. Ah, mais c’est qu’il faut satisfaire l’appétit vorace de la nouvelle bien-pensance érigée en religion d’Etat ! Et je constate avec stupeur que tu fais partie de la bande ?

Dieu merci, Vincent Lambert pourra encore boire et manger quelques jours puisque, saisie, la Cour européenne des droits de l’homme a suspendu votre décision. En attendant, La Terreur commence pour les 1700 autres personnes malades qui sont dans le même état que Vincent Lambert. Et pour leurs familles : ils sont tous suspendus au futur verdict de cette Cour, qui plane désormais sur leurs têtes comme une épée de Damoclès, à défaut de Monsieur Guillotin.

Et la Terreur commence aussi pour toutes les personnes âgées qui ne veulent plus se rendre à l’hôpital de peur qu’on vienne décider avant l’heure de leur fin de vie. Il est vrai que confier toute son existence à des médecins qui peuvent, du jour au lendemain, se transformer en bourreaux – avec la bénédiction de l’Etat ! – n’est pas une perspective très réjouissante…

Comme tu le sais d’ailleurs, mon cher oncle, j’ai un jour été rejeté de quatre hôpitaux parisiens, puis abandonné une nuit entière par un médecin au fond d’un couloir d’un 5ème hôpital alors que j’avais justement besoin d’une opération chirurgicale en urgence*… Qui me dit aujourd’hui que si cela m’arrivait encore, j’en réchapperai ? Et je dois t’avouer, hélas, à t’écouter, que ce n’est pas toi que j’appellerai avec mon peu de batterie en réserve dans mon téléphone ! 

Nous sommes tous des Vincent Lambert… 

Pourtant, j’aurais pu être Vincent Lambert. Tu aurais pu être Vincent Lambert et je serai venu t’apporter à boire… Je ne t’aurais jamais laissé tombé ! Nous pouvons tous être des Vincent Lambert. Et pour lui, nul besoin d’opération. « On est bien conscients que Vincent est très atteint mais il a encore des petits moments de lucidité. Ce matin encore, Vincent m’a fait un cadeau alors qu’il n’était pas bien depuis deux, trois jours. Il ressent les choses », racontait Vivianne, sa mère au micro de RTL, hier. Elle redit aujourd’hui : « ce matin, on s’est mis du côté de son côté gauche, où il est plus réceptif, et je lui ai dit : ‘Vincent, il y a papa et maman qui viennent te dire bonjour’. Il était droit devant nous et il a tourné la tête à trois reprises ». « Mon fils n’est pas un légume », dit-elle aussi. A ce propos, as-tu lu « Une larme m’a sauvée », ce récit de ce qui est arrivé à cette femme dans le coma et qu’on prenait justement pour un légume ? Effroyable méprise !

Comme l’explique très bien ce philosophe de la rue d’Ulm, tout être humain est une plante.  « Une plante semée dans l’argile de la Terre. Pascal l’a dit : « l’homme est un roseau pensant ». Et même lorsqu’il semble bercé passivement par le vent, personne ne peut dire qu’il ne pense pas  ». Priver d’eau et de nourriture, c’est dénier à Vincent Lambert sa dignité de vivre, et le faire mourir sans cette dignité. C’est monstrueux, c’est digne de certains traitements des nazis dans les camps. Et toi, tu cautionnes cela ? Je ne peux y croire.

Comme le dit très justement l’avocat des parents de Vincent Lambert : « Nous voici au seuil d’une sombre barbarie qui s’annonce en blouse blanche (…) Qui nous défendra quand ceux qui voudront nous faire mourir parleront à notre place ? ». Pour Xavier Ducrocq, conseil médical des parents du patient, cette décision est « terrible ». « Il ne s’agit pas, de faire venir la mort, mais de la provoquer »,  a-til dit en faisant part de sa « consternation que la plus haute instance juridique ait décidé de provoquer délibérément la mort d’une personne ».

Alors, mon oncle, promoteur, lui aussi, d’un nouveau matérialisme d’Etat ? Avocat des forces ultra-libérales qui préfèrent tuer les « improductifs » plutôt que d’investir 500 millions dans les soins palliatifs, à l’instar de Jacques Attali ? Non, décidément, je ne peux y croire.

Es-tu donc, mon cher oncle, sous l’emprise de quelque somnifère idéologique qui, bientôt, t’aura totalement endormi ? Comme je ne te le souhaite pas ! Est-ce si difficile de te faire ta propre opinion dans cette nouvelle dictature de la pensée ?

Au fait, as-tu regardé le documentaire « l’euthanasie, jusqu’où ? » sur les dérives constatées du suicide organisé en Belgique ?

Nous veillerons sous tes fenêtres, tant qu’il le faudra !

Sous tes fenêtres au Conseil d’Etat, la jeunesse de France veille à ton chevet. Veilleurs et Sentinelles, se sont mes amis. Rassure-toi, il ne s’agit pas comme en 1871 de pénétrer à l’intérieur pour te demander des comptes, ni d’y mettre le feu comme sous la Commune : nous sommes non-violents. Mais, par notre seule présence, nous en appelons à ta conscience, à ton courage, toi et tes amis politiques. Ne touchez pas l’Intouchable ! Quarante ans nous séparent, le vent tourne et votre système se lézarde aujourd’hui sous vos propres coups de burin. C’est la fin d’un empire, c’est la République qui s’effondre sous le poids de ses propres injustices, portées contre l’humanité. Comme Vincent Lambert, ferez-vous mourir notre pays à petit feu, de faim et de soif ? Donnerez-vous la France aux plus extrêmes pour vous refaire une santé ?

Alors sache que là, sur le trottoir, de l’autre côté du mur de ce palais doré, il y a ton neveu qui te tend la main.

Sentinelles Conseil d'Etat © Vincent Lambert

Les Sentinelles, hier soir, devant le Conseil d’Etat

 

Choisis la liberté !

Réveille-toi, mon cher oncle ! Brise, brise les chaînes de ces certitudes de salon qui t’oppressent, de ces liens qui te retiennent, de cette pression politique qui empêchent ta conscience de dormir tranquille ! De grâce, ne te laisse pas bercer par les pieux chants des dévots de la nouvelle peine de mort, déguisés en âmes de compassion mais dont on devine les véritables traits sous leurs masques vieillis ! Change de camp, libère ta conscience, passe de l’autre côté du mur ! Et comme Victor Kravtchenko, tu t’écrieras : ‘j’ai choisi la liberté’ !

Hier, le Conseil d’Etat a décidé d’effacer Vincent Lambert de la planète, comme l’a dit Philippe Bilger, ancien avocat général près la cour d’appel de Paris. Par dessus ta juridiction – la plus haute de la République -, par-dessus ses murs, par-dessus la planète, demeure une justice immanente. Elle viendra bientôt comme revient le balancier de l’horloge de mon grand-père. Il sera alors nécessaire de remettre à plat toutes ces questions, quitte à supprimer ce Grand Tribunal de la République capable de monstruosité en ajoutant un drame au drame.

Allez, rejoins-nous ! Nous avons besoin de toi !

Ton neveu

(*) Je suis depuis reconnu comme personne handicapée.
 

Débarquement de Cristeros le 14 mai au cinéma !

Cristeros - le film

Le film Cristeros* (« For greater glory », dans la version US), c’est l’histoire de ces « partisans du Christ » mexicains (1926-1929) et spécialement de l’un d’entre eux, le très jeune José Luis Sanchez del Rio (Wikipédia), qui a été béatifié le 20 novembre 2005 par le pape Benoît XVI.

Au début du film (1926) ont voit le dictateur Cailles, devant un parterre de journalistes complices, louer les fondamentaux de la Révolution mexicaine, et notamment sa propre conception de la liberté, toute relativiste…

La liberté des chrétiens se trouve rapidement foulée des bottes par l’interdiction de célébrer la messe, de l’enseignement libre, des ordres monastiques ou encore la suppression du droit de vote pour les prêtres… Les premiers résistants au régime montent donc au créneau pour défendre leur possibilité de choisir le bien, cette seule vraie liberté.  Les premiers « Cristeros » vont donc organiser des manifestations monstres, des pétitions (qui seront rejetées ;-) ) et même un boycott économique. Du côté du pouvoir, on s’agace puis on prend peur : « on ne peut pas être conciliant avec de tels gens », s’exclame le dictateur, furieux de voir contrariés ses plans de destruction de l’Eglise au Mexique. « Ils deviennent de plus en plus rebelles, plus insolents : je vais leur donner un message qui sera explicite » dit-il encore avant de leur déclarer une véritable guerre. S’en suivent plusieurs massacres dans des églises, des arrestations arbitraires, des fusillés pour l’exemple.

Alors que semblent épuisées toutes les voies pacifiques, de nombreux catholiques prennent les armes et vont chercher Gorostieta, un général en retraite (magistralement joué par Andy Garcia) pour prendre la tête de la guérilla. Il est athée mais il épouse cette guerre qu’il trouve juste. Son épouse, la belle Tulita (Eva Longoria, bien connue notamment pour son rôle dans la série Desperate Housewives), a du mal à le laisser partir… Il croisa bientôt la route du petit José (interprété de façon saisissante par le jeune Mauricio Kuri).

Voici la bande annonce :

A propos de la violence
Cristeros nous interroge aussi sur la justification de la violence, donc y compris, chez nous, en France. A ce sujet, je ne peux que trop vous conseiller de vous procurer le numéro de mai d’Il est vivant!, qui consacre un dossier très complet aux Cristeros et dont voici des extraits. On y trouve notamment une interview de l’actuel évêque aux armées au sujet du concept de « guerre juste », mais aussi d’Axel, fondateur des Veilleurs…De fait, Cristeros n’est pas sans rappeler le combat mené en France en 2013 contre le mariage pour tous et la détermination du pouvoir actuel à combattre et radicaliser cette opposition « substantielle ». « En tant que révolutionnaire, rappelle d’ailleurs le dictateur à l’ambassadeur américain, je sais qu’un petit groupe d’hommes bien déterminé peut mettre à terre un gouvernement. C’est pourquoi, toute action des catholiques doit être réprouvée sur le champ ». De plus, on retrouve cette propension à considérer l’élection au siège suprême comme un chèque en blanc donné par les habitants du pays, réduisant les assemblées du peuple à de simples chambres d’enregistrement : « Le peuple s’est prononcé le jour où il m’a élu » explique encore le dictateur lorsqu’il fait semblant de vouloir négocier avec l’opposition.Cependant, évitons toute confusion : il ne s’agit pas, dans notre contexte français, d’aller au devant du martyre face à des lois qui mettent pourtant en péril notre société dans une dictature du relativisme de plus en plus intolérante.  De même, mettre sur le même plan le slogan quelque peu simpliste « on ne lâche rien » et la détermination des Cristeros à retrouver leur liberté de culte – ce qui a réellement mis le feu aux poudres – serait hasardeux : nous n’en sommes pas là et nous devrions plutôt regarder du côté des pays où des chrétiens meurent pour leur foi. Bon nombre de Cristeros n’ont, du reste, pas été béatifiés. Ainsi, dans le film, le père Véga  (joué par Santiago Cabrera) succombe parfois à la violence, de façon malheureusement compréhensible. Au contraire, le père Christophère (O’Toole, Lawrence d’Arabie) affirme que jamais il ne prendra les armes et meurt fusillé.  C’est donc utile pour nous, chrétiens, de voir ces deux versants.

Conclusion : un film à voir (et à faire voir largement)

Au delà l’aspect tragique de cette époque et des nombreuses violences commises de part et d’autres, assez bien dépeintes dans le film, Cristeros est profondément touchant, comme rares le sont certains films. Il nous atteint car il nous oblige à répondre personnellement à la question « Jusqu’où irai-je par le don de moi-même ? Et, moi chrétien, jusqu’où irai-je pour suivre le Christ ? Jésus est-il vraiment premier dans ma vie ? » . Un peu, d’une certaine manière, comme nous interrogent les moines dans le film Des Hommes et des Dieux.

A ceux qui sont dubitatifs sur le message transmis par ce film et la façon dont il est reçu par le public , ne pas croire que Cristeros n’a rien de missionnaire. Il ne s’agit pas de « crier victoire » parce que le film sort en salles, ni de se conforter dans l’idée qu’on peut réagir violemment à la persécution quitte à donner la mort, comme je l’ai expliqué plus haut. Le martyre de José demeure, après le film, un témoignage en lui-même  (étymologie du mot martyr = le témoin), d’autant plus poignant qu’il est montré au cinéma. Tertullien ne disait-il pas que le sang des martyrs est semence de chrétiens ?

Il s’agit donc simplement de profiter de l’occasion pour annoncer le Christ, comme, dans un tout autre registre, avec le film La Mante Religieuse, qui sera dans les salles obscures à peine « trois sorties » de films plus tard (si vous le n’avez pas encore lu, lire mon billet à ce sujet) et sur lequel on ne peut pas, non plus, faire l’impasse.

On peut voir enfin Cristeros comme un magnifique western : si vous l’avez déjà vu en version pirate, cela vaut vraiment le coup de le revoir, mais, cette fois, en vrai sur les grands écrans de nos cinémas !

Pour en savoir plus : www.cristeros-lefilm.com 

*Cristeros, c’est le sobriquet donné au départ par les fédéraux mexicains. Durée : 2h24. Fiche Allociné.

Pourquoi j’ai appelé mon fils Karol

Jean-Paul II

Lorsque j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, il y a huit ans déjà, nous avons tout naturellement évoqué les prénoms que nous voudrions pour nos enfants…

-  Si tu as un garçon, tu l’appelleras comment ? lui ai-je demandé.

- Karol !

- Ça alors, moi aussi ! lui ai-je aussitôt répondu…

Lorsque nous avons attendu notre premier enfant, nous avons donc su, dès le verdict de l’échographie, que notre aîné s’appellerait Karol. Quelle chance de s’être entendus si vite ! ;-)

Bien sûr, ce choix n’est pas un simple hasard : issus de la « génération Jean-Paul II »,  nous avons vécu nos vingt premières années sous ce pontificat.  Pour ma femme, Jean-Paul II a été un père, au sens propre. Pour moi, une bouée, un phare, un autre père. Quoi de plus naturel que de donner à ses enfants le nom d’un père ou d’un grand-père chéri de qui l’on a beaucoup reçu ?

Je me souviens particulièrement avoir croisé son regard au JMJ de 1997. Regard d’une telle intensité… Ces journées me donnèrent pour la première fois envie d’évangéliser dans la rue, dans le métro, certains conducteurs disant eux-mêmes : « il est devenu vivant ! ».

Et puis, les JMJ de Rome, en 2000. Cette veillée inoubliable de Tor Vergata (vidéo), où le pape était en parfaite osmose avec le million de jeunes présents, tel un père avec ses enfants, répondant à nos ovations en agitant joyeusement les bras.

Je me souviens particulièrement de son discours cette nuit-là, sur le thème « Et pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16,15) (-peut-être parce que mes amis me demandèrent de répéter à haute voix la traduction de ma petite radio sans haut-parleur…) Il nous demandait alors d’aller « à contre courant » pour suivre le Christ :

« Chers amis, aujourd’hui encore, croire en Jésus, suivre Jésus sur les pas de Pierre, de Thomas, des premiers Apôtres et témoins, exige de prendre position pour lui, et il n’est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre : le martyre de celui qui, aujourd’hui comme hier, est appelé à aller à contre-courant pour suivre le divin Maître, pour suivre «l’Agneau partout où il va» (Ap 14, 4). Ce n’est pas par hasard, chers jeunes, que j’ai voulu que pendant l’Année sainte on fasse mémoire, près du Colisée, des témoins de la foi du XXe siècle. »

Je me souviens encore lorsqu’il est entré dans la Vie. J’avais trouvé l’attente insupportable et j’étais allé au cinéma. Après le film, dans le RER, j’avais allumé mon portable et appris la nouvelle. J’ai eu la gorge subitement nouée. C’était pour moi la perte brutale d’un être très cher, avec qui j’avais vécu, et je m’y étais mal préparé. De plus, je n’ai pu me rendre à son « enciellement terreste » à Rome… un vrai traumatisme !

Mais le souvenir de Jean-Paul II n’est pas resté une simple nostalgie. J’ai commencé à me plonger dans sa vie, ses écrits, son oeuvre. En 2009, lorsque j’ai publié mon livre « Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France », j’ai voulu rappeler comment, encore cardinal, il avait suggéré au pape Paul VI de reprendre à son compte les conclusions du 4e synode des évêques sur l’évangélisation dans le monde moderne, ce qui donna  précisement naissance à l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, texte de référence sur l’annonce de la Bonne Nouvelle dans nos sociétés démontées. N’est-ce pas le pape François qui en parle dans son encyclique Evangelii gaudium au paragraphe 123 ?

« Dans la piété populaire, on peut comprendre comment la foi reçue s’est incarnée dans une culture et continue à se transmettre. Regardée avec méfiance pendant un temps, elle a été l’objet d’une revalorisation dans les décennies postérieures au Concile (lancé par un certain Jean XXIII ! – ndJBM). Ce fut Paul VI, dans son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi qui donna une impulsion décisive en ce sens. Il y explique que la piété populaire « traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître » et qu’elle « rend capable de générosité et de sacrifice jusqu’à l’héroïsme lorsqu’il s’agit de manifester la foi ».

Nous ne pouvons pas non plus oublier comment, devenu pape, Jean-Paul II appela à une évangélisation nouvelle dans son zèle, ses méthodes et ses langages, une réflexion prolongée par son successeur Benoît XVI…

Conclusion

Nous serons donc tous à Rome le week-end prochain pour cette grande joie de cette canonisation. Avec des millions d’autres, je rendrai ainsi tout petitement témoignage à ce géant de saint Jean-Paul II. Saint Jean-Paul II ? Cela me fait tout drôle de l’appeler comme ça, j’ai vraiment l’impression qu’on canonise quelqu’un de ma famille ! Disons simplement Jean-Paul II !

Au passage, ce sera la fête de la miséricorde, qu’il avait lui-même instaurée. La miséricorde, fil rouge de son pontificat. A l’heure où sort au cinéma le 1er film d’évangélisation par la miséricorde (lire ici), comment ne pas en parler ?

Bref, voilà, au fond, pourquoi j’ai appelé mon fils Karol : je lui dois d’être un chrétien engagé dans l’évangélisation, amoureux du Christ, amoureux de ma femme !

La Mante Religieuse : l’espérance au cinéma

La Mante Religieuse - Cinéma

La Mante Religieuse est pour moi l’une des plus belles aventures missionnaires auxquelles j’ai pu participer ces dix dernières années. Ce film touche à mon histoire personnelle car c’est par le cinéma, en 2002, que je suis tombé dans l’évangélisation. C’était à travers une réponse à Amen, de Costa-Gavras, comme je l’ai raconté dans mon livre Dieu est de retour. A partir de cette époque, je n’ai cessé de prier Dieu de nous donner enfin des films pour annoncer son amour infini à tous les hommes…  Mes pauvres prières ont commencé à être exaucées sept ans plus tard. Précisément, le 17 avril 2011 à 15h50, lorsque j’ai été contacté par une inconnue, sur Facebook :

« Bonjour Jean-Baptiste, je suis une jeune réalisatrice et scénariste. Je suis en pre-prod de mon premier long qui n’est autre que l’histoire d’une Marie-Madeleine des temps modernes. « La Mante religieuse » est un film fort, un film coup de poing sur la miséricorde (c’est l’anti « gnangnan », l’anti « passe moi le sel »…) qui s’adresse avant tout à ceux qui n’ont pas la grâce de la foi. Mylène Jampanoï devrait incarner le rôle-titre (…) Comme vous, je me débats pour annoncer l’Evangile. Rien de tel que le cinéma pour toucher les cœurs et les consciences. J’aimerais beaucoup vous rencontrer. »

Ne connaissant pas cette Natalie Saracco et restant toujours très prudent vis à vis des inconnues, j’ai fait un marché avec le Seigneur : « je veux bien, mais alors donne-moi un signe : je ne veux pas à devoir prendre le métro, car j’ai mal aux pieds » (je n’ai plus de cheville à gauche). Je travaillais alors sur une péniche à Neuilly. Natalie m’a répondu du tac au tac : « Trop drôle, Neuilly, c’est mon quartier ! Ca marche ! ». Ce ne fut pas le premier clin d’œil de la providence, dans cette incroyable aventure… Nous avons donc déjeuné ensemble dans une petite brasserie à quelques centaines de mètres de mon lieu de travail. Quand elle m’a raconté son témoignage de rencontre avec le Sacré-Cœur de Jésus, cela m’a immédiatement touché. J’y ai vu un point commun avec la communauté nouvelle à laquelle j’appartiens, dont la spiritualité est justement le Cœur de Jésus, par les apparitions du Christ à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial, pour « consoler le coeur de Dieu ». En rentrant chez moi ce soir-là, c’est la première chose que j’ai raconté à ma femme, et contrairement à mes 10.000 projets annuels, elle n’a pas du tout cherché à me freiner, ce qui constitue indubitablement un autre signe. ;-)

Mais comment Natalie avait-elle entendu parler de ma pauvre petite personne ? Le journal Il est vivant ! – qui vient de lui consacrer 8 pages de son dernier numéro – raconte :

Il est vivant!

 

 

Alors quoi ? Vous me direz que tout cela ne suffit pas pour en faire un bon film. Certes. Vous jugerez par vous-mêmes. Premier indice : les avant-premières cartonnent : 700 places achetées pour celle de Lille, par exemple, dans la 2ème salle de France après le Grand Rex. A la sortie, à de (très rares) exceptions près, les gens en redemandent, le débat avec la réalisatrice se finissent souvent sur le trottoir jusqu’à 2 heures du matin, les responsables des cinémas étant parfois obligés de mettre tout le monde dehors… (voir cette vidéo : La Mante Religieuse, le phénomène qu’on attendait pas).

Comme me prévenait Natalie Saracco il y a bientôt 3 ans, son film est bien un film choc, un film coup de poing sur la miséricorde de Dieu. C’est ce qu’elle voulu, dès le départ. Dieu l’a aidée d’un bout à l’autre, c’est incontestable. Son film remue les cœurs et les consciences. Souvent, aux dires des spectateurs, plusieurs jours encore après l’avoir vu. Beaucoup se déclarent être des fans, certains affirmant même qu’ils ont vécu des émotions semblables avec le film Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois…

Au final, le film est bien tourné, bien monté, les critiques sont excellentes (lire celle du Père Guilhem Causse, jésuite, dans Paris Notre Dame, ou du Père Olivier Le Page, qui organise chaque année, dans son diocèse, la semaine chrétienne du cinéma).  D’autres prêtres ont bien aimé aussi La Mante Religieuse, comme l’abbé Grosjean ou le Père Yves Guerpillon. Sans parler du Père Samuel Rouvillois, conseiller spirituel du film… D’ailleurs, le soutien des prêtres est impressionnant…

Mais ce film est en priorité pour les non-cathos. Car La Mante Religieuse leur parle, avec leur langage propre, de façon moderne mais sans complaisance : c’est bien une nouvelle évangélisation par le cinéma. Pour le dire autrement : ce film est bien un témoignage rendu à la miséricorde infinie de Dieu. Il est  une « fenêtre d’espérance totalement inédite », pour reprendre le mot d’un ami. Inédite comme la rencontre de la réalisatrice avec le Sacré-Cœur de Jésus, racontée dans sa vidéo qui fait le buzz sur Internet

Certes, certaines scènes peuvent choquer par les dures réalités humaines qu’elles suggèrent. Mais à côté de la Marie-Madeleine longuement dépeinte par Sainte Catherine Emerich dans ses visions comme « livrée à tous ses vices » et traînant « avec les pécheresses de Tibériade », « prises par sept démons », on est presque en dessous de la réalité* ! Et le spectateur peu habitué des films actuels aura la sagesse de fermer les yeux une ou deux fois, au début du film.

Conclusion : pourquoi aller voir ce film ?

1. Parce que vous passerez un moment fort. Pour ma part, vous l’aurez compris à travers ce long billet(!), j’ai beaucoup aimé. Je l’ai vu plusieurs fois et cela m’a laissé songeur à chaque fois pendant plusieurs jours. Sans aucun doute pour me permettre d’aller plus loin dans ce mystère de la miséricorde de Dieu, qu’aucun péché n’arrête…

2. Pour vous faire votre propre avis. Et je vous dis simplement : allez le voir, comme ce fan à la sortie du film. Vous serez conquis ! Vous aurez envie d’en parler à tous ! Et vous y emmènerez des amis non-cathos ou vos collègues de travail !

3. Pour l’évangélisation : à l’invitation du pape François, nous devons toucher les foules qui sont aux périphéries et qui sont « comme des brebis sans berger ». Cela peut avoir lieu dans le cadre de leurs sorties habituelles au cinéma, et particulièrement ceux qui vivent dans la ‘fête’, le sexe, le shit, etc., et qui cherchent à se donner des instants de bonheur dans leur monde triste et vain car sans Dieu. Or les salles obscures sont justement les derniers lieux de silence – avec les églises – où l’homme moderne peut être captivé, sans interférences, sans zapping, pendant plus d’une heure, pour lui délivrer la bonne nouvelle d’un message qui sauve, celui l’amour de Dieu.

Le film de Natalie Saracco est un merveilleux outil pour cela. Concrètement, les distributeurs décident – ou pas – de mettre le film à l’affiche dans un grand nombre de salles et pour une durée significative en fonction du nombre d’entrées à la fameuse séance de 11 heures, le mercredi de la sortie et aux avant-premières, selon une formule qu’ils considèrent comme éprouvée. C’est dire si votre présence et celle de vos amis à ces séances sont vitales pour aider le plus grand nombre à faire cette belle rencontre avec Dieu !

Pour en savoir plus : www.jaimelamante.com.

(*) « L’état de Madeleine était devenu déplorable au dernier point. Depuis qu’elle était retombée après sa conversion près de Gabara, sept démons s’étaient emparés d’elle. Son entourage était devenu pire que jamais. Les saintes femmes, spécialement la Sainte Vierge, n’avaient cessé de prier instamment pour elle… » 

 

 

Suite à une tribune parue dans Le Monde

Communiqué
 

Chers amis,

Une tribune est paru dans le Monde, avec ma signature, sous le titre « nous ne manifesterons pas dimanche ».

Je ne m’associe en aucune façon à un appel à ne pas manifester. Au contraire, j’estime que c’est à chacun de décider, en conscience, s’il doit manifester ou pas, indépendamment des luttes fratricides qui peuvent ici ou là agiter le mouvement des consciences né en 2013.

La liberté de conscience a en effet été jusqu’ici suffisamment malmenée par le pouvoir pour que nous soyons pas tous, de notre côté, exemplaires en la matière.

En réalité, avec le collectif Homovox, jamais nous n’avions souhaité appeler à ne pas manifester : cette tribune, au départ, portait un autre titre sur lequel nous nous étions tous mis d’accord : « Manifeste pour la paix civile ».

Comme l’a dit Antoine Renard, président des AFC européennes, dans son propre communiqué, il est évident qu’une manifestation sur les thèmes très sérieux qui sont avancés ne peut pas se faire sans la présence d’un grand nombre d’entre nous et le soutien des autres, même si d’autres actions sont aussi nécessaires.

Chacun pourra aussi constater que j’ai justement beaucoup parlé de ces questions (GPA, PMA, gender, école, etc.) ces derniers jours, sur mon blog comme sur Twitter.

Ce pourquoi, comme je l’ai annoncé hier soir sur les réseaux sociaux, j’ai demandé le retrait de ma signature, qui n’est malheureusement intervenu que 24 heures après la publication sur le site du Monde.

A tous, bon dimanche !

Jean-Baptiste Maillard

Des sénateurs UMP souhaitent interdire l’école à la maison

Ecole à la maison

Nos deux fils, Joseph et Karol (mon épouse s’est formée à la pédagogie Montessori).

Voici que dans l’indifférence générale ou presque, des sénateurs ont déposé une proposition de loi visant ni plus, ni moins, à interdire l’école à la maison. Il s’agit en effet de « limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité« . Contacté, le bureau du Sénat m’a répondu : « pour l’instant, cette proposition de loi n’a pas encore été inscrite à l’ordre du jour. »

Certes, ce projet n’est donc pas « encore » à l’ordre du jour. Certes, il est proposé par l’opposition et donc a relativement peu de chances d’être voté. Mais cependant, le seul fait que des sénateurs puissent y songer sérieusement est le signe tangible qu’un nouveau pas vers un Etat totalitaire peut être franchi un jour ou l’autre.

Le prétexte ?

Ainsi commence l’exposé des motifs : « L’un des buts de la scolarisation de l’enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge, et de rendre son développement plus harmonieux. »

Or, en ce qui concerne la socialisation, l’enfant n’est pas empêché de rencontrer d’autres enfants, bien au contraire : de nombreuses activités extérieures sont toujours possibles – et même facilitées – lui permettant d’être en contact avec d’autres.

L’association Libre d’Apprendre et d’Instruire Autrement (LAIA), réagit à cette proposition de loi :

« Contrairement aux préjugés exprimés dans cette proposition de loi, de nombreuses études sur les enfants instruits à domicile ont été réalisées aux Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle Zélande. Voici un résumé de quelques unes concernant le développement social des enfants instruits à domicile :

- Larry Shyers, Thomas Smedley, Home School Researcher (Volume 8, n° 3) : Les études de plusieurs universitaires ont conclu que les enfants non scolarisés ont une meilleure image d’eux-mêmes que les groupes d’enfants scolarisés étudiés, qu’ils participent à autant d’activités « extrascolaires » et qu’ils ont moins de problèmes de comportement en groupe que les enfants scolarisés étudiés.

- Home-Education : Rationales, Practices and Outcomes, Paula Rothermel (University of Durham, 2002) : Les résultats montrent que les scores des enfants instruits à la maison sont très élevés dans l’ensemble par rapport à ceux des enfants scolarisés et que les compétences sociales des enfants non scolarisés sont bonnes. Il est également observé que l’excellence des résultats scolaires ne dépend ni du niveau d’instruction des parents ni de leur catégorie socioéconomique. »

Alors, quel est le vrai motif de cette proposition ?

« Dans cet esprit, continue l’exposé des motifs, l’éducation à domicile par la famille ne peut être qu’une situation exceptionnelle, liée à l’état de santé ou à l’incapacité permanente ou temporaire de l’enfant. Elle ne peut être le prétexte d’une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l’enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux. »

On voit ici toute la perversité de cette loi liberticide : sous prétexte de socialisation et de protection de l’enfant, on retire le droit aux parents d’éduquer leurs enfants comme ils l’entendent. Les parents sont pourtant les premiers responsables de l’éducation des enfants. (C’est un des trois points non-négociables énoncés par Benoît XVI en 2006). C’est un droit également protégé par le droit international.

La prise en main par l’Etat de l’éducation est toujours un signe de totalitarisme. Nous devons donc nous opposer de toutes nos forces à ce projet qui veut interdire l’école à la maison… avant que l’Etat n’aille plus loin contre la liberté d’enseignement. C’est aussi, de fait, une atteinte à l’école libre.

D’un point de vue politique, il ne faudra pas qu’il s’agisse d’un gage de l’opposition vers la majorité : ce serait le signe d’un système à bout de souffle qui cherche à se défendre par tous les moyens. Et on voit bien que l’école à la maison est une menace pour ce système, puisqu’elle permet d’éduquer ses enfants librement, en dehors de toute idéologie.

L’intérêt supérieur de l’enfant sera-t-il à nouveau bafoué ? Les associations de parents qui font l’école à la maison s’en émeuvent : 50.000 enfants à partir de 6 ans sont concernés. Une goutte d’eau, certes (0,4 % des 12 millions d’enfants scolarisés en France) mais une liberté toutefois très importante, qui répond à un besoin croissant des familles :

1. De pouvoir maîtriser les contenus enseignés à leurs enfants (ex : histoire de notre pays, « éducation sexuelle » = pas de gender, etc.)

2. De pouvoir maîtriser la façon dont ces contenus sont enseignés (ex : pas de méthode globale, pas de bachotage industrialisé).

3. D’aider ses enfants à développer leurs propres capacités, tout en leur donnant des limites. Un enfant scolarisé à la maison aura un apprentissage individualisé, avec une meilleure efficacité.

4. De respecter les besoins de chaque enfant (ex : pas de rythmes scolaires fous, respect de ses difficultés au quotidien, prise en compte des phobies scolaires, excursions dans la nature ou culturelles facilitées, etc.)

5. De transmettre personnellement ses valeurs (humaines, spirituelles, culturelles, etc.) à ses enfants.

6. De permettre aux frères et soeurs qui ont l’école à la maison de nouer une relation unique, ainsi qu’avec le papa et/ou la maman, rien que par le temps passé ensemble.

Ecole à la maison

Que ferons-nous ?

Je peux en témoigner : ma femme et moi, nous pratiquons l’école à la maison pour nos deux garçons depuis 2 ans, selon la pédagogie Montessori, mondialement reconnue. Cela nous donne entière satisfaction – même si ce n’est pas toujours facile et nous demande de nombreux sacrifices, notamment financiers (un salaire pour deux, coût du matériel, etc.).

Si cette loi passait, nous serions obligés de nous associer avec d’autres parents pour créer une école, ce qui serait très compliqué et très risqué financièrement, et qui n’est pas notre objectif.

Comme me l’écrit un ami qui a fondé une école Montessori :

« La phrase de Vincent Peillon, Ministre de l’éducation nationale, « il faut arracher l’enfant à tous les déterminismes, y compris familiaux » prend ici tout son sens cette proposition de loi qui la reprend presque textuellement. Reste un espoir : qu’elle soit si contraire au code de l’Education que les parlementaires y renoncent. La base, en éducation, c’est la liberté des parents, jusqu’ici proclamée en France, et trop d’enfants souffriraient d’une telle interdiction. »

Il faut aussi savoir qu’en Allemagne, des parents ont été emprisonnés pour avoir tenu à faire l’école à la maison pour leurs enfants, en raison d’une loi mise en place sous Hitler et depuis restée en vigueur… En arriverons-nous là ?

Au final, cette proposition revient à obliger les parents à travailler tous les deux, sous couvert d’égalité homme-femme. Un responsable de l’actuelle majorité n’a-t-il pas déclaré récemment, devant témoins : « il ne faut pas que les mères s’occupent de leurs enfants ? »

 

Pour réagir :

> Signer la pétition qui vient d’être lancée sur Internet

> Contacter les sénateurs à l’origine de cette proposition de loi :

- Hugues PORTELLI (Sénateur du Val d’Oise – UMP) – h.portelli@senat.fr – tel : 0142343020
- Christian CAMBON (Sénateur du Val de Marne – UMP) – c.cambon@senat.fr
- Jacques GAUTIER (Sénateur du Hauts de Seine – UMP) – jacques.gautier@senat.fr
- Mmes Esther SITTLER (Sénateur du Bas-Rhin – UMP – Membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes) – e.sittler@senat.fr
- Hélène MASSON-MARET (Sénateur des Alpes-Maritimes – UMP) – pas d’e-mail
- M. Michel HOUEL (Sénateur de Seine et Marne – UMP) – m.houel@senat.fr
- Mme Colette MÉLOT (Sénateur de Seine et Marne – UMP) – c.melot@senat.fr- M. Louis PINTON (Sénateur de l’Indre – UMP) – l.pinton@senat.fr

Par courrier :

M. le Sénateur …
Casier de la poste
15, rue de Vaugirard
75291 – Paris Cedex 06

 

Correctif : depuis ce billet, la proposition de loi a été abandonnée ! 

De quoi ont parlé François Hollande et le pape François ?

Pape François et François Hollande

Côté Vatican :

« Ce matin le Saint-Père François a reçu en audience le Président de la République française, Son Excellence Monsieur François Hollande, qui a ensuite rencontré Son Excellence Mgr Pietro Parolin, Secrétaire d’État de Sa Sainteté, et Son Excellence Mgr Dominique Mamberti, Secrétaire pour les Relations avec les États », rapporte le service de presse du Saint-Siège.

« Au cours des entretiens cordiaux, la contribution de la religion au bien commun a été évoquée. Rappelant les bonnes relations qui existent entre la France et le Saint-Siège, a été réaffirmé l’engagement mutuel à maintenir un dialogue régulier entre l’État et l’Église catholique et à coopérer de manière constructive dans les questions d’intérêt commun. Dans le contexte de la défense et de la promotion de la dignité de la personne humaine, quelques arguments d’actualité ont été examinés, comme la famille, la bioéthique, le respect des communautés religieuses et la protection des lieux de culte. »

« La conversation s’est poursuivie sur des thèmes à caractère international, comme la pauvreté et le développement, les migrations et l’environnement. Elle s’est étendue, en particulier, sur les conflits au Moyen-Orient et dans quelques régions de l’Afrique, en souhaitant que dans les différents pays concernés la coexistence sociale pacifique puisse être rétablie à travers le dialogue et la participation de toutes les composantes de la société, dans le respect des droits de tous, spécialement des minorités ethniques et religieuses. »

Côté Elysée :

Le Président a dit avoir parlé de plusieurs sujets, dans cet ordre : 1. L’Afrique (notamment Centre-Afrique) 2. La Syrie 3. Le libre accès aux lieux saints. 4. Les chrétiens d’Orient 5. le réchauffement climatique (évoquant un futur texte du pape François, François Hollande rapporte les propos du pape : « Dieu pardonne toujours, les hommes parfois, la nature jamais, quand on ne prend pas soin d’elle. Retenons au moins la dernière partie de cette formule, ajoute François Hollande, car elle est juste. ») 6. Les réfugiés (François Hollande rappelant la force des propos du pape sur Lampedusa). 7. La mondialisation et le fait que la France défend partout la liberté religieuse.

Le Lab d’Europe 1 cherche à montrer deux versions différentes en rapportant les propos de François Hollande sur la laïcité:

« J’ai rappelé que la laïcité de la République française garantit le respect de toutes les convictions et permet de vivre ensemble, avec les mêmes règles, avec les mêmes principes, qui valent pour tous les citoyens, et pour ceux qui résident dans notre pays. Et que la laïcité permet le débat avec tous les cultes, et avec l’Eglise catholique en particulier, dans le cadre d’une instance de dialogue qui se réunit annuellement, bientôt au printemps, qui est présidée par le Premier ministre, et qui aborde tous les sujets, y compris les plus graves, les plus lourds, qui intéressent toute notre société. Et ce débat avec l’Eglise catholique est possible, dans le plein respect de nos principes laïcs. » 

Enfin François Hollande a déclaré : « S’il y a un mot, une valeur qui nous a rassemblés au cours de cet entretien, le pape François et moi-même, c’est le mot de dignité. La défense de la dignité humaine. C’est ce qui doit nous mobiliser, c’est la volonté de la France partout où elle a une responsabilité. »

François Hollande a enfin invité le pape à venir en France quand il jugera que ce soit être « un moment important de son pontificat ». (voir l’intégralité de son intervention en vidéo sur le site de l’Elysée).

Ma petite analyse :

Cette rencontre s’est donc déroulée dans un contexte compliqué, à quelques semaines d’échéances électorales importantes (municipales et européennes), au moment aussi où la France est classée 3e, par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), pour les atteintes à la liberté d’expression, avec 25 condamnations, devant la Russie. A noter aussi que dans la délégation du Président, aurait été présent Maître Sureau, qui plaiderait deux dossiers GPA à la CEDH, contre la France…

Alors pas étonnant, comme le rapporte la presse française, que François Hollande fut tendu, et notre pape François pas hyper souriant (comme le montre cette photo officielle en haut de l’article).

De son côté, le pape a entendu l’appel des 100.000 catholiques lui demandant de parler des questions d’actualités soulevées par de nombreuses lois anti-famille votées ces derniers mois ou sur le point de l’être : l’élargissement de l’avortement pour les femmes en détresse, le congé parental réduit pour les mères, une fiscalité plus contraignante pour les mères au foyer, une proposition de loi visant à interdire l’école à la maison (je vous en parlerai dans un tout prochain billet), le gender déployé à l’école ou la PMA/GPA en embuscade… François n’a peut-être pas parlé de tout ça, mais il a parlé de la famille, comme le souligne le service de presse du Saint-Siège : « quelques arguments d’actualité ont été examinés, comme la famille, la bioéthique, le respect des communautés religieuses et la protection des lieux de culte ».

De son côté, François Hollande, dans son intervention à la presse, François Hollande s’est bien garder de prononcer le mot famille et encore moins la question du mariage homosexuel, qui avait soulevé notre pays l’année dernière. C’est bien compréhensible : à quoi bon donner des battons pour se faire battre ? ;-)

Cependant, il est à noter que le Président se fait fort de dire qu’il défendra la dignité humaine, même quelques jours après avoir supprimé la détresse des femmes dans le texte de loi sur l’IVG.

C’est peut-être, déjà, un bénéfice de sa rencontre avec le pape.

N’en jugeons donc pas trop vite les fruits, prenons-le Président au mot, pour cette année qui commence ! Oui, nous nous souviendrons de ses propos quand il faudra débattre sur l’euthanasie, oui, nous souviendrons de ses propos quand d’autres sujets cruciaux seront à l’ordre du jour !

Et en attendant, prions pour que le Christ fasse son oeuvre dans son coeur, à travers cette visite au Vatican et toutes les discussions qu’il a peu avoir avec des hommes de Dieu.

Je formule enfin le voeux que François Hollande puisse sentir, si les pressions des lobbys proches du pouvoir actuel devenaient trop fortes, qu’il peut compter sur certains catholiques pour pacifier les débats.

IVG : le tabou est en train de sauter !

Foetus à 12 semaines - IVG

Un foetus à 12 semaines : tout est déjà là.

(Ames sensibles, s’abstenir.)

« L’avortement refait débat », titrait en Une, dimanche, Le Parisien/Aujourd’hui en France. Le journal évoquait la Marche pour la vie. L’actualité est donc à un nouveau débat… et aux langues qui se délient. Sur un forum, Sylvie se confie : « J’avorte jeudi et je me sens au fond du fond ». En réalité, devant toute cette souffrance humaine qu’il a causé pendant plus de 30 ans, l’IVG a déjà perdu. Et les pseudo-féministres comme Naja Vallaud-Belkacem, qui ont beau chercher à dénoncer « les tentations de régression », n’y feront rien : ils sont déjà dans le camp des perdants.

Le pape François, à peine élu personnalité de l’année 2013, a déclaré sans ambages, le 13 janvier dernier : « Souvent les êtres humains sont jetés comme s’ils étaient des choses non nécessaires. Par exemple, la seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l’avortement, me fait horreur ».  Il serait donc tout à fait logique que cet épineux sujet soit au menu de sa rencontre du président Hollande, dans six jours à peine. Deux sondages en ligne vont dans ce sens : Europe 1 et l’Est Républicain osent poser une question jusqu’ici tout à fait inédite : « Faut-il restreindre le droit à l’IVG comme en Espagne ? ». Il est vrai que les Espagnols n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, en rendant l’avortement beaucoup plus compliqué qu’avant : situation de détresse obligatoire, nécessité de voir plusieurs médecins et psychologues extérieurs la clinique, etc. Nous ne pouvons que nous en réjouir : l’Espagne et les Espagnol(e)s s’en porteront beaucoup mieux. Viva Espana !

En France, c’est tout l’inverse, mais c’est peut-être aussi, qui sait ?, le dernier baroud d’honneur de l’IVG. A l’Assemblée nationale, la situation de « détresse » va être supprimée de la loi Veil – qui disait pourtant : « c’est un drame… autant que possible, il faut en dissuader la femme » (cf cette vidéo de l’Ina ; il est vrai depuis, la loi été tordue pour l’élargir à toutes les situations – mêmes à cause des sports d’hiver, témoignage réel – selon la bonne vieille technique des petits pas feutrés).

Par ricochet, ce nouvel amendement rend l’objection de conscience encore plus difficile pour le personnel de santé (médecins, sage-femmes, infirmières, etc.). Cela aggrave aussi la dé-responsabilisation des hommes concernés par l’avortement (ils le sont souvent). La question de l’interdiction des sites d’information comme Ivg.net est aussi à l’ordre du jour (nous devrons peut-être un jour les faire héberger en Russie avec des centres d’appel au Maroc, mais qu’importe, rien ne nous arrêtera !). Et même s’il n’est pas sûr qu’on puisse continuer à marcher pour la vie, nous trouverons d’autres motifs plus généraux ! Au passage, il y a un lien direct entre l’ultra-libéralisme de l’IVG le ‘mariage’ homosexuel : tant que l’adoption sera possible pour les personnes homosexuelles, l’insupportable GPA risque d’être en embuscade.

Une situation difficile

Il y a en France 200.000 avortements par an, environ 26 IVG pour 100 naissances(1). C’est une guerre civile qui ne dit pas – encore ? – son nom. Elle génère beaucoup de conflits dans les couples, dans les familles, et des situations de détresse sont transformées en situation de plus grande détresse encore. Même si l’avortement est un cautère sur une jambe de bois, 35% des femmes y ont déjà eu recours au moins d’une fois, à cause d’une idéologie perverse, savamment distillée avec l’argent des contribuables, et qui laisse penser que le choix remplace le bien. La plupart des ces femmes s’en souviendront toute leur vie… Certaines m’en ont parlé. Pour autant, il n’est pourtant pas question de les culpabiliser… L’accusation est toujours la voix de la facilité.

Cependant, les lignes bougent : des cliniques ferment – ce qui inquiète ouvertement les lobbys pro-choix -, et de nombreux médecins, dégoûtés, ne souhaitent plus continuer à pratiquer l’avortement. Ce sont les prémices d’un moratoire sur l’IVG, qui viendra tôt ou tard. Ceci permettrait de revenir à des situations plus acceptables – bien que n’étant pas idéales – comme en Espagne. Et d’institutionnaliser l’accueil des femmes en difficulté.

Les femmes sont au coeur du débat

Les femmes, de leur côté, évoquent justement et de plus en plus ouvertement le syndrome post-avortement. Pour « saisir » un peu mieux la situation sur le terrain du côté de toutes celles qui sont victimes de l’IVG, je suis allé surfer dans des forums du web où celles-ci confient désormais très largement leur détresse pour relever ces quelques verbatims (voir ci-dessous). Les lignes ont-elles bougé ? Là aussi, la réponse est oui. Car leurs langues se délient : elles nous parlent spontanément d’épreuve, de remords, de douleur psychologique, de dépression, et surtout, d’enfants et de bébés, avant même d’avorter. Même de ce petit ange qu’elle aurait bien aimé avoir et l’âge qu’il aurait aujourd’hui… Sylvie confie ainsi au monde vouloir avorter jeudi prochain. Elle se dit « totalement désespérée » et sentir « ce petit coeur qui bat » en elle(2). Comment répondons-nous à cette détresse humaine ?

Ce qui conduit ces femmes à un avortement 

La plupart du temps, c’est bien sûr une grossesse non-désirée (si tant est qu’une grossesse doit toujours être désirée, vu que par définition, cela ne se calcule pas toujours à l’avance! – là aussi, le mot est piégé). Ainsi, Sylvie dit avoir eu un « accident » avec un homme qu’elle venait juste de rencontrer. Le 17 janvier, elle raconte sa détresse : « Je ne veux pas d’enfant », dit-elle, « mais je n’ai pas envie de faire ça ». Pour elle, les circonstances ne lui permettent pas de « garder cet enfant dans de bonnes conditions ». Elle ajoute : « Je vais me sentir tellement vide jeudi soir… ». Elle voudrait savoir si on souffre physiquement pendant l’intervention, la gynécologue lui a dit « on saigne un peu moins que pour des règles ». Il faut parfois beaucoup insister pour bénéficier d’une anesthésie générale…

Les réponses postées sous son message sont très instructives :

« Douleur psychologique » 

« Mon ami m’a beaucoup soutenue et rassuréeil vaut mieux prendre la meilleure décision si on ne sait qu’on ne peut l’accueillir, lui répond une autre femme, alors notre décision est la bonne malgré la douleur psychologique ». Celle-ci termine par ces mots révélateurs : « je te souhaite plein de courage dans cette épreuve… si tu veux en parler, n’hésite pas ».

« Une épreuve » 

« Il n’y a pas beaucoup de femmes qui avortent par plaisir, commente une autre. Tu ne veux pas d’enfant, tu as choisi d’avorter, tu es sûre de toi et ça ne peut que t’aider à reprendre ta vie en main par la suite. Cela ne sera, je te le souhaite, qu’une « épreuve » parmi tant d’autres. »

« Dépression »

Une autre femme témoigne encore : « Comment se sent-on après, psychologiquement ? Est-ce qu’on s’en remet vite ? Perso, j’étais soulagée que tout ce soit terminé et que tout ce soit bien passé immédiatement après l’IVG. Ce n’est que par la suite que j’ai développé une dépression. »

« Pas de 4ème enfant »

« J’ai subie une IVG par aspiration il y a maintenant 4 semaines… J’étais sûre de ma décision, je suis une maman de 3 enfants : avec le papa nous ne voulions pas d’un 4e enfant ».

 « Je commençais à douter »

« Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’ai tout de suite su que je voulais avorter… Au fur et à mesure, j’ai commencé à douter, à avoir des remords. A l’époque, j’avais 20 ans et je me disais que je n’avais rien à offrir à ce petit bout qui était en moi. Je n’avais pas de travail, le « père » avait disparu dans la nature, je n’étais pas assez adulte. J’aurais pu le faire adopter, mais j’avais peur de m’attacher à lui pendant le reste de ma grossesse. »

« Parfois j’y pense, ajoute-t-elle, et je me dis qu’il aurai dû naître en décembre 2011 et qu’aujourd’hui qu’il aurai 3 ans. Je dis « il » car j’étais sûre que il aurait été un ptit mec, alors j’essaye de m’imaginer ce qu’aurait été la vie avec ce ptit bout de chou et je finis automatiquement par pleurer… »

Et d’ajouter :

 « Mais je sais, au fond de moi, que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Il ne faut pas se juger et se dire qu’on est un monstre parce que on décide d’avorter. Mais se dire qu’on fait ce qui est mieux aussi bien pour soi que pour cet être qui grandit en nous. Si tu ne te sens pas prête a avoir un enfant, et ce pour diverses raisons, alors c’est ton droit. »

Alors pour conclure – parce que finalement, toutes ces mots se passent de commentaires – je voudrais raconter l’histoire – véridique – de cette vieille tante qui conseilla un jour à une mère en détresse de garder son enfant. Quelques années plus tard, cette maman lui rendit visite et lui dit : « je voudrais vous remercier, car cet enfant, c’est mon rayon de soleil dans ma vie, sans lui, je n’aurais pas connu tout ce bonheur que j’ai aujourd’hui ».

(1) Cf ce communiqué : avortement, le questionnement interdit  (2) Plus qu’un billet, c’est une intention de prière!

 

Mémorable 13 janvier !

 

13 janvier 2013 - Champ de Mars

Avec ma femme, sur le lieu même de notre première rencontre.

 

Il y a un an, déjà, j’usais mes nouvelles tennis, achetées pour l’occasion, sur le bitume parisien, demandant à corps et à cris, avec un million d’autres personnes, que les enfants puissent toujours avoir un père et une mère. Et je peux dire aujourd’hui, comme un grognard de la Grande armée : « j’y étais ».

De toute ma vie, je n’avais jamais vu ça. Des drapeaux bleus et roses à perte de vue, jusqu’à la tombée de la nuit. Des enfants jusqu’aux grands-parents, osant brader le froid pour défendre une certaine conception de l’humanité. A la fin, le ciel en était ému : il pleuvait. Pour la première fois, les aigles levaient la tête… Frigide Barjot avait su percer le mur médiatique comme personne d’autre n’y était arrivé jusqu’ici, invitant tout azimut les masses à défiler ce 13 janvier. Et l’appel avait été étendu dans les campagnes, on avait sonné le tocsin jusque dans les petits villages !

De plus, les meilleurs organisateurs, dignes d’un débarquement, avaient su rendre la mobilisation possible. Les bons réseaux avaient fonctionné à plein régime, c’était le début d’une longue bataille et l’union fit la force.

De mon côté, pauvrement, lors d’un pèlerinage marial en Bosnie-Herzégovine, j’avais rencontré une mère de famille, Nathalie, dont un frère était homosexuel. Sans nous être concertés, nous portions la même idée : aider les personnes homosexuelles à s’exprimer sur ce projet de loi, en leur donnant la parole. (Il n’est pas exagéré de dire avoir « vu » la main de la Sainte Vierge dans notre rencontre !). Trois jours après, nous montions le collectif Homovox et de nombreuses personnes homosexuelles nous contactaient aussitôt pour témoigner. Qui aurait alors su que cela mènerait le collectif jusqu’à devant M. Hollande ?

Ce 13 janvier 2013, avec ma femme (photo), nous en avions profité pour retourner au lieu exact de notre première rencontre, sur un coin de pelouse du Champ-de-Mars, à quelques mètres du Mur de la Paix. Quatre ans plus tôt nous y récitions ensemble le chapelet avec un petit groupe de prière, lui aussi marial…

Après quoi, je m’incrustais – non sans difficulté – dans le bunker autour du podium pour dire bonjour à nos nouveaux amis homosexuels et palper l’atmosphère. Dans cette enceinte ultra-sécurisée, je sentis immédiatement une grande tension : comme s’il se déroulait sous nos yeux un moment profondément historique dans l’histoire de notre pays. Oui, un combat à l’issue certainement positive, se jouait, au-delà des apparences, des discours et de la foule immense qui se pressait là, devant ce chapiteau unique, transie de froid, les pieds poudreux dans la boue du Champ-de-Mars napoléonien (*).

Cela me rappelait encore, comme en écho, par cette tension vive, un instant de guerre civile que j’avais vécu à Moscou, alors adolescent, avec les tirs de canon de Boris Eltsine contre les derniers soubresauts du communisme… Et ce 13 janvier, chaque mot, chaque intervenant, n’étaient-ils pas comme un boulet rougi par le feu envoyé sur l’Elysée et son idéologie du genre ?

En tout cas, ce soir là, la France libre s’était bel et bien réveillée : mémorable 13 janvier 2013 !

* * *

Alors, la suite, chers internautes, vous la connaissez plus ou moins, et nous aurons encore fort à faire, en 2014, pour réconcilier les familles et les personnes homosexuelles, que ce projet de « mariage pour tous » a profondément divisés. Ici est née une homophobie palpable, qui rejette en bloc ceux qui peuvent aussi trouver une fécondité dans la société, et à qui nous devons, en tant que chrétiens, témoigner de l’amour du Christ, pas seulement en vérité, mais aussi en actes.

Ironie du sort, alors que l’année 2013 s’est cristallisée en France sur ce « mariage volé » au couple homme-femme, c’est par un « baiser volé » du Président à sa « nouvelle » compagne que commence l’année 2014 ! M. Hollande devra du reste s’en expliquer dès demain devant les caméras et 500 journalistes… périlleux exercice ! Depuis la foudre sur l’avion présidentiel, juste après son élection, jusqu’à ce triste événement, on dirait qu’une main invisible empêche les choses de se dérouler « comme prévu ». Quoiqu’il en soit, voici la plus haute fonction de l’Etat réduite à une mauvaise série télé, et l’infidélité conjugale érigée en banalité, avec un Président non pas « normal » mais plus simplement « primaire », qui n’élève pas la fonction. Comme l’a si justement souligné Geneviève de Fontenay sur Europe 1, limoger de la sorte la Première dame – hospitalisée – ce n’est pas très élégant pour le beau sexe en général et Valérie Trierweiler en particulier, victime il est vrai d’une belle humiliation publique.

Une chance, cependant, devant cette chute qui n’est pas sans rappeler celle de DSK : François Hollande rencontrera le pape le 26 janvier, l’occasion pour François de l’évangéliser, et nous, de redoubler nos prières pour sa conversion !

Par ailleurs, un autre signe positif devant l’année qui commence : lors d’une rencontre à l’Elysée avec Mgr Pontier et le cardinal Vingt-Trois, la semaine dernière, François Hollande a annoncé souhaiter lancer une consultation spécifique sur les questions de la fin de vie et de la PMA. Nous écoutera-t-il, cette fois ?

Tenons-nous en éveil : sur l’euthanasie, si le projet de loi se précise, nous pouvons évidemment penser à une très forte mobilisation en 2014 et le lancement de nombreuses initiatives à faire pâlir tout un gouvernement !

Pour chacun, 2014 sera l’année des choix vitaux. Choisir la sainteté, par exemple. Mettre Jésus en premier. Mais accepterons-nous aussi d’être unis, de ne pas nous critiquer, de rebâtir d’éventuels ponts détruits l’an passé ?

Quoiqu’il en soit, très heureuse année 2014 à chacun de vous !

Partez en mission, soyez féconds, que l’Esprit Saint soit votre guide !

J.-B. M.

Ps : il y aura peut-être, pour ma part, un nouveau bouquin, si vous priez bien pour moi…

(*) Le 3 décembre 1804, le lendemain du couronnement de Napoléon Ier, l’Empereur fit au Champ-de-Mars la distribution des aigles

 

le blog de Jean-Baptiste Maillard