Mariage gay : pourquoi le gouvernement va renoncer

La Manif pour tous à Paris, le samedi 17 novembre 2012

12 raisons pour lesquelles le gouvernement est susceptible d’abandonner purement et simplement le projet du mariage gay.

 

Raison n°1 : une mobilisation de très grande ampleur

On ne compte plus les pétitions anti-mariage gay qui rassemblent des dizaines de milliers de signataires. L’un des plus importantes, www.tous-pour-le-mariage.fr, a recueilli plus de 100.000 signatures, le soutien de nombreuses personnalités, y compris de gauche. Ce site propose même d’envoyer automatiquement un mail à son député ! D’autres réclament directement un référendum, réunissent les professionnels de l’enfance, rassemblent de maires, de pédopsychiatres… Mobilisation des AFC, de l’APEL, des Poissons roses, de Vita, de tous les responsables religieux de notre pays, mais aussi d’hommes politiques de premier plan, d’homosexuels… Même la Caisse Nationale d’Assurance Maladie se serait dite opposée au projet de loi ! Et de nouvelles initiatives fleurissent chaque semaine.

Raison n°2 : des manifs fleuves

A l’initiative de La Manif Pour Tous principalement menée dans les médias par Frigide Barjot, les manifestations du week-end dernier ont réuni rien qu’à Paris entre 100 et 200.000 personnes, les chiffres étant sous-estimés par la Préfecture, d’après le Figaro. En comparaison, celles contre le Pacs, le 8 novembre 1998 et le 31 janvier 1999 à Paris étaient beaucoup moins importantes, et ceci pour une raison très simple : à cette époque, l’adoption par les couples homosexuels n’était pas encore prévue par la loi. Aujourd’hui, cette nouvelle revendication du lobby gay est bien plus grave que le pacte civil de solidarité d’alors. C’est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Aujourd’hui, à l’heure ou la famille souffre déjà beaucoup, les Français se sentent beaucoup plus concernés par ce changement brutal de société que propose le mariage gay. J’en veux pour preuve la diversité des manifestants, venus de la gauche comme de la droite, toutes classes sociales ou religions confondues. On a même vu le cardinal Barbarin défiler aux côtés du recteur de la mosquée de Lyon et de pasteurs évangéliques… Sans oublier la lettre de 23 pages du Grand Rabbin de France à François Hollande. Toute cette mobilisation fait donc tâche… d’huile. Un nouveau rendez-vous pour une manifestation nationale est déjà donné : ce sera le 13 janvier prochain – le nouvel an russe ! – à Paris. Cette fois, les journalistes seront peut-être encore plus étonnés : nous serons peut-être 800.000, 1 million ?

Raison n°3 : il y a des sujets bien plus urgents

Nous sommes dans un contexte de grave crise économique et sociale. Comme l’ont souligné de nombreux manifestants au micro des journalistes, l’urgence est ailleurs, notamment dans l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat. En se focalisant sur cette loi, le gouvernement prend le risque de laisser dire et croire qu’il est incapable de régler les vrais problèmes des Français. Si la contestation grandit – et c’est déjà le cas – cette impression d’incompétence s’accentuera dans l’opinion publique. C’est donc un risque que le gouvernement, déjà malmené, ne peut prendre trop longtemps. D’une autre côté, tout recul sera pris par le lobby gay comme un aveu de faiblesse : du pain béni, aussi, pour l’opposition. La seule voie serait donc d’abandonner purement et simplement ce projet, en attendant de meilleurs jours.

Raison n°4 : le mariage gay ne vise pas le bien commun

La crise que connaît actuellement la France n’est pas seulement financière, elle est surtout et avant tout éthique. Une crise du sens de la vraie liberté. Jean-Paul II disait « là où il n’y pas de place pour Dieu, il n’y pas de place pour l’homme »[1]. En se coupant de Dieu, l’Homme se prive justement de ce qu’il a de meilleur pour grandir. Il s’atteint lui-même dans son humanité. On le voit aujourd’hui : l’homme contemporain ne cherche plus vraiment son bien propre, mais se perd dans les différentes possibilités que lui offre une existence sans garde-fou, pour tout expérimenter de façon subjective. Jusqu’à ce terrible principe de « mère porteuse », jusqu’à l’inceste, dont certaines victimes se déclarent déjà consentantes à la barre des tribunaux[2]… Ainsi le choix remplace le bien, et tout ce que l’on peut choisir devient nécessairement bon, toute évolution devient nécessaire. Au péril de la liberté elle-même, qui n’est plus choisir uniquement notre bien, alors que seul le bien rend libre : CQFD.

Bref, en présentant ce projet de loi d’un mariage « pour tous » comme « un texte de liberté », notre président se trompe et trompe les Français. Cette erreur est une fuite en avant qui va à l’encontre de la loi naturelle (le mariage cela se passe entre un homme et une femme) et donc du bien commun (la famille est la cellule de base de la société, et c’est elle qui en fait les frais). Il s’agit alors d’un recul plutôt qu’un progrès social et tôt ou tard, il faudra l’abroger. Si le Président a mis au défi la droite d’y revenir un jour, c’est bien une de ses craintes : que son gouvernement doive se battre contre vents et marées, en y laissant énergie et crédibilité, pour qu’un jour tout cela soit finalement purement et simplement annulé. Il donc bien possible qu’il y réfléchisse à deux fois avant d’y laisser durablement des plumes, voire de se couper les ailes pour la suite des réformes. On saura toujours lui rappeler ce projet injuste et finalement anti-social : pour un président de gauche, c’est très ennuyeux.

Raison n°5 : les Français sont très divisés

Le mariage gay divise profondément les Français au moment même où le gouvernement a besoin des les réunir. Les sondages sont clairs : c’est du 50-50, grosso modo. Et sur l’adoption, les Français sont majoritairement contre. Là encore, Hollande s’est dit sensible à ce problème lors de sa toute  récente conférence de presse : « je ne veux pas en faire un texte de division », a-t-il déclaré. Diviser encore les Français, pas sûr que ce soit vraiment la volonté du « président normal ». De ce point de vue encore, un revirement est possible !

Raison n°6 : l’opposition en est renforcée

C’est déjà un exploit du Président d’avoir réussi en si peu de temps, sur un seul projet, à mobiliser aussi fortement l’opposition et revigorer son principal parti, l’UMP, jusqu’à mettre d’accord entre eux ses différents courants, pourtant très divisés depuis la défaite de Sarkozy à la présidentielle. Grâce au mariage gay, cette opposition voit chaque jour grossir ses rangs et se renforcer. Le gouvernement a-t-il besoin d’une telle fronde au moment où il doit réformer profondément le pays ? Pas sûr que le Président le veuille vraiment et ne finisse pas par sacrifier la minorité LGBT et l’idéologie qui l’accompagne sur l’autel de la nécessité et du pragmatisme politique. Au fait, le « B » et le « T » de LGBT, c’est pour bisexuels et transsexuels : eux aussi veulent se marier ? Ils seront ni Papa ni Maman, alors ?

Raison n°7 : la gauche se divise aussi

De nombreux sympathisants et électeurs de gauche déclarent avoir voté François Hollande et être pourtant contre cette proposition électorale. Comme par exemple Laurence Tcheng, du mouvement « La Gauche pour le Mariage Républicain » (PS), qui est venue manifester samedi dernier et qui témoigne au micro de KTO [3]. Près d’un millier de signataires de gauche opposés au projet ont également signé un appel invitant le pouvoir à « ouvrir un dialogue approfondi » sur ce sujet (lire ici).

Pour François Hollande, en début de mandat, il est très risqué de diviser ainsi sa propre majorité, alors que d’autres sujets pressent… Le Président pourrait donc tempérer. C’est justement ce qu’il a fait une première fois en se disant réservé, en coulisse, sur le projet, comme l’a rapporté Le Parisien. Il lui faut aussi éviter dès maintenant la fuite des électeurs de gauche pour les prochaines échéances électorales de son parti…

Raison n°8 : les homos ne sont pas d’accord entre eux

Beaucoup de personnes homosexuelles plus ou moins connues sont contre cette loi et n’osent pas le dire, comme l’explique Xavier Bongibault, président de l’association « Plus gay sans mariage ». Certains sortent toute de même du bois, sans ménager leurs propos, d’Hervé Villard qui avait déclaré que c’est « insupportable, ignoble » à tout récemment, Karl Lagerfeld : « Qu’ils aient une assurance dans la vie, pourquoi pas ? Par contre, je suis violemment contre les mères porteuses, les ventres loués pour que ces messieurs jouent à la poupée. Ça, je déteste. Des enfants sans mère, j’en veux pas ! ». Côté chrétien, on note aussi la pertinence des propos impertinents de Philippe Arino, ou le témoignage d’Audrey.

Sur Facebook, j’ai justement été contacté par une personne homosexuelle opposée à cette loi. Elle m’a expliqué pourquoi elle était contre : outre le fait que la fécondité est volontairement absente des relations gay, le mariage gay est la revendication d’une  minorité parmi les homosexuels :

D’ailleurs, la contre-manif de Lyon a rassemblé 200 personnes homosexuelles… contre 21.000 manifestants, selon la police. Alors, un Président qui sacrifie aux lobbies ?

Raison n°9 : un tout petit lobby gay qui se fatigue

Derrière cette revendication, c’est donc bien une ultra minorité qui se lasse déjà de ce combat, comme en témoigne la diminution de leurs réactions via le hashtag #mariagegay sur Twitter. Cette minorité LGBT – souvent menée par des femmes – se rend compte aussi que leur combat dessert la cause des homos dont la plupart se fichent bien du mariage et mènent tranquillement leur petite vie sans vouloir qu’on les dérange. Osons le dire, d’ailleurs : les mêmes féministes qui nous ont longtemps bassiné avec la libération sexuelle et l’union libre réclament aujourd’hui à corps (parfois à moitié nu!) et à cris ce même mariage qu’ils ont conspué depuis plusieurs décennies, non sans laisser des traces. Cette incohérence est un autre versant de la « supercherie » pour reprendre le mot du cardinal Vingt-Trois.

Les arguments ne manquent d’ailleurs pas contre le mariage homo, mais en face, pour toute discussion, nous sommes souvent accusés d’être homophobes sans autre forme de procès, la fatigue aidant sans doute. Vient ensuite le droit à l’égalité, dont le regretté Philippe Murray disait déjà en 2004 qu’il s’agissait d’un grand mirage, dans une excellente tribune intitulée « le mariage transformé par ses célibataires eux-mêmes » : « L’exigence d’égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l’égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l’Histoire. »

La contre-manif menée par Caroline Fourrest dimanche dernier avec des ultra-féministes embauchées à Kiev le montre bien : il s’agit d’un nouveau fondamentalisme , qui à force de se fatiguer ne réfléchit plus et se compromet dans la violence furibonde. D’autres contre-manifs du lobby gay étaient par ailleurs toutes aussi violentes, comme celle-ci où l’on peut lire sur une affiche : « un-e hétéro : une balle ; une famille : une rafale ». Alors fonder une famille, est-ce bien vraiment ce qu’ils(-elles) veulent ? Sérieusement ?

Sur l'affichage blanche : "un-e hétéro : une balle ; une famille : une rafale"

Raison n° 10 : De nombreux maires sont farouchement opposés au projet

François Hollande peut-il enfin prendre le risque de se mettre à dos les maires ? Non, de toute évidence. Pourtant, ils sont déjà plus de 16.000 à avoir répondu favorablement à l’appel du Collectif des maires pour l’enfance. D’après Le Figaro, y aurait déjà 416 municipalités complètement opposées au mariage pour tous. Et, depuis samedi, François Hollande a déjà fait un pas en arrière. Hier, en ouvrant le Congrès des maires de France, il a reconnu la possibilité, pour les maires hostiles au mariage gay d’invoquer la clause de conscience. Ce n’est pas un hasard si le Président, dans sa déclaration, a commencé par dire aux maires qu’ils contribuent «  à l’unité de la République ». En tant que président, c’est aussi son devoir, et il le sait.

Alors quel tollé à gauche ! Noël Mamère, qui fut le premier en France à célébrer symboliquement un mariage homosexuel dans sa mairie de Bègles, qualifie de « capitulation » cette reconnaissance par le Président de cette liberté de conscience pour les maires. C’est « un recul, une soumission, une esquive », s’est indigné le député dans une interview à Libération. « Cela ressemble beaucoup à une capitulation en rase campagne ».

Cet épisode qui fait dire avec justesse à Laurent Wauquiez : « Soit, comme on nous le dit, ce projet ne présente absolument aucun problème et alors il n’y a aucune justification à une liberté de conscience, soit, s’il pose des problèmes si graves que l’on considère – c’est rarissime – que les maires ont droit à une liberté de conscience, alors il n’y a pas de place pour un passage en force et il faut vite se remettre autour de la table pour trouver des solutions d’apaisement ».

Hollande a-t-il pour autant « acheté le silence » des maires ? Non, il est simplement extrêmement gêné de leur énorme mobilisation. Cela pourrait aussi contribuer à faire basculer l’opinion et l’actuelle majorité.

Raison n°11 : les homosexuels ont déjà tout ce qu’il faut

Comme l’a très bien expliqué Koz toujours sur son blog, ce projet de loi est inutile car la réponse se trouve dans le code civil. En bon avocat, il démonte un à un les arguments des partisans du mariage et de l’adoption homosexuels, qui sont : « il faut donner un cadre à une situation qui existe« , « les familles homoparentales existent, on ne peut pas les ignorer« , « le quotidien, pour les compagnes / compagnons est ingérable« , « si le père / la mère de l’enfant meurt, que deviendra l’enfant ?«. Il prouve alors qu’il n’existe « aucune nécessité pratique d’adopter le projet de loi sur le mariage et l’adoption homosexuels ». Alors à quoi bon tout ce remue-ménage ?

Raison n°12 : il s’agit d’une idéologie

La lutte pour le mariage gay et de tout ce qui en découle est une idéologie qui se contredit, comme en témoigne cette photo très justement commentée par Nicolas Buttet :

« Cette photo me paraît très représentative d’une réalité anthropologique qu’aucune idéologie ne pourra jamais détruire. Elle montre simplement que, quelles que soient les formes relationnelles choisies, les personnes recherchent toujours – consciemment ou inconsciemment – l’altérité. On ne peut pas chasser l’appel premier qui habite le coeur de tout être humain: le couple homme/femme. Il ne s’agit donc pas de juger… mais cet habillement masculin/féminin traduit, de façon sans doute surdéterminée mais bien réelle, la quête de l’autre comme différent. »

Finalement, c’est aussi le propre des idéologies que de diviser au sein des mouvements qui souhaitent les porter. A gauche, on est divisé. Au PS, on est divisé. Chez les homos, on est divisé. Chez les maires, on est divisé. etc. C’est bien la preuve qu’il y a un problème. Les Français s’en rendent compte, ils n’aiment pas qu’on les force, à juste titre, à adhérer à des dogmes intransigeants qui se passent de tout bon sens.

Cette idéologie conduit encore à des dérives que le peuple de France veut éviter, comme l’achat d’enfants sur Internet via des mères ‘porteuses’, ou même le changement sexe d’enfants d’homos. Toutes ces dérives, que nous commençons à peine à comprendre, peut-être que finalement, le Président n’en veut pas, dans une France qui souffre déjà bien assez.

Conclusion : oui, le gouvernement va renoncer !

Cette entrée a été publiée dans Actualités, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Mariage gay : pourquoi le gouvernement va renoncer

  1. DUSSER dit :

    hello jb,

    A lyon, j’ai parlé avec François Lafaye, du comité d’organisation de cette manif.
    Un comptage a été fait par des personnes.
    On était plus de 30 000 et non 22-24 000 comme le dit la police.
    Bien à toi
    Arnaud dusser

    • Jean-Baptiste Maillard dit :

      Merci beaucoup cher Arnaud de cette précision ! Cela n’est pas très étonnant, le pouvoir a plutôt intérêt à revoir les chiffres à la baisse…

  2. Ping : Revue de Presse : Acte 2 – le #mariagepourtous « Lemessin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>